Le
prix de l’essence est encore et toujours à la hausse. De nouveaux sommets sont
donc atteints dans une quasi-torpeur générale digne d’un chaud mois d’août en
plein soleil sudiste. Quand je parle de la torpeur générale, ce n’est pas celle
du pauvre hère qui doit remplir son réservoir pour aller au travail, mais bien
celle de nos brillants hommes et femmes politiques, tous bords réunis.
En fait est-ce de la torpeur, de l’atonie ou
peut-être tout simplement une cruelle indifférence ? Jusqu’à présent,
hormis à droite de pointer un doigt accusateur sur le pétrolier hexagonal et à
gauche de ressortir la superbe idée de la TIPP flottante qui n’a jamais très
bien marché, rien en vue, rien je vous dis.
C’est à se demander si nos dirigeants ou
prétendants dirigeants sortent leur carte bleue à la caisse de la pompe les
fins de semaine lorsqu’ils emmènent leur progéniture voir tatie à la campagne.
En fait, j’en doute aujourd’hui … il doit y avoir des pompes à essence
spéciales pour les hommes politiques ou simplement ceux-ci n’ont pas de tatie
campagnarde … Naïveté quand tu nous tiens !
En fait, le piètre économiste que je suis ne
comprend jamais. Que le dollar baisse, que l’euro augmente, que l’Iran tousse
ou que l’hiver soit froid comme tous les hivers, que les vacances approchent et
que la demande augmente, les prix sont sans cesse à la hausse.
Ce qui est certain aujourd’hui, c’est
que le consensus est absolu sur tout l’échiquier politique de ne surtout pas
toucher aux taxes exorbitantes sur les produits pétroliers.
Bravo, voilà bien le seul consensus politique
des prochaines présidentielles. Quelle aubaine pour l’Etat ! Les revenus
sont garantis, et tout cela sous couvert d’un parfait désintéressement. Toucher
au portefeuille du consommateur, vous n’y pensez pas dit le Président du
pouvoir d’achat !
Ainsi cette question du prix du carburant
rejoint plus généralement celle de la baisse inquiétante du pouvoir d’achat des
ménages. Il suffit d’aller faire les courses de temps en temps pour en être
convaincu. Malheureusement, cela intéresse-t-il encore la classe politique
d’aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûr. Mieux vaut éviter les embrouilles et
débattre à satiété sur des sujets d’importance comme celui de la civilisation,
sous les ors dorés des palais nationaux. C’est beaucoup moins difficile et
surtout plus intellectuel pour nos prodigieux énarques dont je serai surpris
qu’ils connaissent le prix de la baguette de pain.
Si un seul conseil était à donner à nos beaux
prétendants à la course à l’Elysée, ce serait celui de s’intéresser un peu plus
aux problèmes de leurs concitoyens et de sortir enfin le nez des brasseries
parisiennes où le prix du café n’est pas celui que peut payer l’homme de la rue.

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