mardi 7 février 2012

L'indifférence se paie aussi





Le prix de l’essence est encore et toujours à la hausse. De nouveaux sommets sont donc atteints dans une quasi-torpeur générale digne d’un chaud mois d’août en plein soleil sudiste. Quand je parle de la torpeur générale, ce n’est pas celle du pauvre hère qui doit remplir son réservoir pour aller au travail, mais bien celle de nos brillants hommes et femmes politiques, tous bords réunis.

En fait est-ce de la torpeur, de l’atonie ou peut-être tout simplement une cruelle indifférence ? Jusqu’à présent, hormis à droite de pointer un doigt accusateur sur le pétrolier hexagonal et à gauche de ressortir la superbe idée de la TIPP flottante qui n’a jamais très bien marché, rien en vue, rien je vous dis.
C’est à se demander si nos dirigeants ou prétendants dirigeants sortent leur carte bleue à la caisse de la pompe les fins de semaine lorsqu’ils emmènent leur progéniture voir tatie à la campagne. En fait, j’en doute aujourd’hui … il doit y avoir des pompes à essence spéciales pour les hommes politiques ou simplement ceux-ci n’ont pas de tatie campagnarde … Naïveté quand tu nous tiens !

En fait, le piètre économiste que je suis ne comprend jamais. Que le dollar baisse, que l’euro augmente, que l’Iran tousse ou que l’hiver soit froid comme tous les hivers, que les vacances approchent et que la demande augmente, les prix sont sans cesse à la hausse.

Ce qui est  certain aujourd’hui, c’est que le consensus est absolu sur tout l’échiquier politique de ne surtout pas toucher aux taxes exorbitantes sur les produits pétroliers.

Bravo, voilà bien le seul consensus politique des prochaines présidentielles. Quelle aubaine pour l’Etat ! Les revenus sont garantis, et tout cela sous couvert d’un parfait désintéressement. Toucher au portefeuille du consommateur, vous n’y pensez pas dit le Président du pouvoir d’achat !

Ainsi cette question du prix du carburant rejoint plus généralement celle de la baisse inquiétante du pouvoir d’achat des ménages. Il suffit d’aller faire les courses de temps en temps pour en être convaincu. Malheureusement, cela intéresse-t-il encore la classe politique d’aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûr. Mieux vaut éviter les embrouilles et débattre à satiété sur des sujets d’importance comme celui de la civilisation, sous les ors dorés des palais nationaux. C’est beaucoup moins difficile et surtout plus intellectuel pour nos prodigieux énarques dont je serai surpris qu’ils connaissent le prix de la baguette de pain.

Si un seul conseil était à donner à nos beaux prétendants à la course à l’Elysée, ce serait celui de s’intéresser un peu plus aux problèmes de leurs concitoyens et de sortir enfin le nez des brasseries parisiennes où le prix du café n’est pas celui que peut payer l’homme de la rue.

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