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| Najat Vallaud-Belkacem aurait-elle perdu son sourire en fuyant face aux manifestants anti-mariage gay venus l'attendre sur le quai de la gare de Rennes ? |
Alors
que les organisateurs de la « Manif pour tous », ignorés et méprisés
par le gouvernement, variantent leurs modes d’actions contestataires, il me
paraît utile de mettre ces derniers en parallèle avec des précédentes
manifestations et de se pencher sur la stratégie à consolider.
Afin
de ne pas alourdir le débat, il ne sera pas fait mention de l’attitude de notre
nouveau chef de bataille autoproclamé car elle est inexistante. Du haut de son
Mordor élyséen, nul besoin au monarque sous influence des lobbies ultra-minoritaires
de discourir sur des sujets aussi si peu sensibles …
Donc, intéressons-nous dans ce petit billet
d’humeur à cette nouvelle guérilla ou petite guerre mise en œuvre par les
résistants au mariage pour tous. En référence à son Manifeste de 1812, Clausewitz
ne les renierait pas.
Sur
le plan historique, notre brillante Delphine Batho, dont les études dans ce
domaine à Jussieu ont été si précocement raccourcies pour cause de militantisme
aggravé, pourrait sans aucun doute nous apporter de réels éclaircissements
méthodologiques sous un prisme très révolutionnaire.
En
effet, n’était-elle pas présente avec conviction lors des manifestations
lycéennes de 1986 (elle a 13 ans …) ou
de 1990 avec la FIDL ? Avec succès semble-t-il puisque ce fut un très bon
marche pied vers un maroquin ministériel à l’identique de son ami Bruno Juillard
dont les destinées furent plutôt municipales. Mais il est vrai que les
revendications des étudiants sont incontestables car tellement réfléchies et
toujours apolitiques …
A
l’époque, en complément de manifestations
de rue parfois très violentes comme lors de celles du CPE en 2005, leur guérilla s’est inscrite essentiellement
dans le champ médiatique. Présents partout avec des mots simples et une
rhétorique efficace et attirant d’emblée la sympathie de l’homme de la rue par
la candeur déployée. En quelque sorte, le
combat des pauvres contre les puissants.
On
pilote ce qu’on connaît bien, surtout lorsque l’appareil médiatique du parti socialiste se met entièrement au
service de votre action. Bien sûr, sans arrière-pensée politique, cela va de
soi.
C’est bien là la grande différence avec la
situation des manifestants contre le mariage gay aujourd’hui.
Très
peu de médias ne leur sont favorables. Un véritable black out de l’information
assez inquiétant mais qui commence à se lever doucement si l’on se réfère à de
très récents articles sur les blogs de Rue89 et de TechnikArt.
Nos
manifestants ne peuvent donc s’appuyer que sur une sympathie populaire
grandissante et sensibilisée par des actions ponctuelles fortes interpelant par
leur caractère répétitif.
La sympathie populaire est donc un centre
de gravité qu’il ne faut jamais ignorer et toujours favoriser. Il est
incontestable que c’est l’un des principaux leviers d’action qui emportera la
décision. On ne se met pas indéfiniment en travers d’un peuple qui vote,
surtout lorsque la situation économique et sociale est catastrophique.
Ainsi,
à l’heure où le chef de l’Etat demande à son gouvernement d’aller avec
conviction sur le terrain, le fait de battre la campagne et de perturber inlassablement
les déplacements de nos ministres ou députés, comme ce fut le cas avec notre si
impartiale ministre de la Justice à Lyon, est une stratégie qui peut se révéler
payante à moyens termes, surtout si elle s’appuie sur des actions d’ensemble
visibles et amplifiées par de puissantes caisses de résonnance.
Le
long terme quant à lui pourrait être de faire comprendre au gouvernement qu’en
dépit d’une promulgation de la loi suite à son passage au Sénat, les
manifestants très déçus et toujours mobilisés pourraient alors occuper d’autres
champs revendicatifs et créer alors plus de désordres qu’il n’y aurait de gains
à remporter pour le gouvernement avec cette loi pour le mariage.
Une
stratégie du faible au fort que le général Poirier aurait apprécié.
Intensifier l’action de guérilla pacifique
lors de tous les déplacements officiels, harceler avec correction les
responsables politiques sur les réseaux sociaux tout en grignotant
inlassablement les médias, afin in fine de remporter la bataille des cœurs auprès
de la population. Voilà la clef du succès.
A
défaut d’accepter le combat des mots et de lancer le débat dans un référendum national,
l’attitude immédiate du gouvernement ne pourra être que dans la fuite à l’image
de Najat Vallaud-Belkacem à Rennes il y a quelques jours.
Mais rappelons-nous que la fuite ne paye
jamais. Bordeaux n’est pas Londres.

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