vendredi 29 juin 2012

Un coup de pouce à un milliard d’euros !


Dur de contenter tout le monde quand on est ministre...
cc/flickr/Parti Socialiste

Les smicards auront, dès le mois de juillet, l’heureuse surprise de remarquer 21,50 euros de plus sur leur fiche de paie. L’augmentation du salaire minimum de 2% le fait ainsi passer à 1425,67 euros brut mensuels sur une base de 35 heures hebdomadaires.

Après s’être escrimé à tempérer les attentes des syndicats et les frayeurs du patronat, Michel Sapin, le ministre du Travail a tenté il y a deux jours de démontrer que l’anticipation de l’inflation (1,4%) cumulée au fameux « coup de pouce » (0,6%) constituait un résultat « substantiel sans déstabiliser ».

Dans le détail, avec cette revalorisation du salaire minimum par l’anticipation de l’inflation, les bénéficiaires du SMIC se verront verser 90 euros supplémentaires au second semestre.
Pour ce qui est du coup de pouce, il correspond à un gain de 6,45 euros mensuels, soit 38,70 euros d’ici la fin de l’année. Les smicards toucheront donc environ 130 euros jusqu’au terme de l’année 2012.

Mais la mesure est loin de faire l’unanimité. Les partenaires sociaux crient « c’est trop peu », la droite se demande : « Qui va payer ? ». Seul le patronat qui craignait une hausse de 5% semble rassuré. Pour Benoît Roger-Vasselin, le président de la commission sociale du Medef, « le gouvernement a tenu compte de nos inquiétudes. » Même si pour un milliard d’euros, ça fait cher le coup de pouce !

vendredi 27 avril 2012

La solution à la crise est le "french way of life" !


Agrégé de philosophie et de science politique. Yves Roucaute est la plume du discours de Claude Guéant sur l’inégale valeur des civilisations. Il a publié le 5 avril dernier « Eloge du mode de vie à la Française. The french way of life » aux Editions du Rocher.



Qu’est ce qui définit simplement ce « french way of life » dont vous parlez dans votre livre ?

On peut dire que le mode de vie à la française est un mode de vie orienté par le salut à la vie. Il est orienté par l’amour de la vie. Nous avons fondé et créé une société tout à fait particulière qui fait de la France le premier pays touristique du monde.
Et nous sommes le premier pays à être visité précisément parce que nous représentons cette joie de vivre. Et cette dernière est un bien très précieux dont les origines sont indéniablement judéo-chrétiennes, et qui se résume à cette formule que je mets en exergue dans le livre qui est : « ceci est très bon ». Les biblistes reconnaitront ce passage de la Genèse.
Dieu crée le monde et l’humanité. Puis il met l’humanité à l’ordre de l’amour universel, et « ceci est très bon » !
L’art de vivre à la française, c’est cette vision humaniste du monde basée avant tout sur l’amour. La France, du matin au soir, dans sa quotidienneté, dans ses styles de vie, dans ses valeurs, célèbre l’amour. L’amour de la vie, la joie de vivre. Mais la joie ce n’est jamais que de l’amour en réalité. 


Et cette construction d’une culture sur l’amour n’existe pas ailleurs ?

Non. La France est le fleuron d’une civilisation qui prône l’amour universel. Elle est créée sur des valeurs qui sont des valeurs universelles.


Vous dites également que la vie à la française implique un savoir. De quel savoir parle-t-on ?

C’est très important. L’idée est que la nation française est très particulière. La France a inventé ce qu’on appelle la nation civique à la différence d’une nation ethnique comme la Chine, la Hongrie, l’Allemagne. Et c’est sa force.
De Gaulle l’avait souligné à juste titre, depuis Clovis, nous avons créé une mixité des élites. Il a contraint les nobles francs de l’époque à se marier avec des non-francs.
Donc, toute la dynastie des Mérovingiens est mixte, gallo-romaine, germanique, basque etc…
La nation française a donc cimenté toutes ces ethnies autour des mêmes valeurs. Et c’est là où le concept d’assimilation devient central. Si les citoyens arrêtaient d’assimiler ces valeurs, la nation civique et donc la France s’effondrerait. Devenir français implique donc bien un savoir. Il ne s’agit pas simplement d’aller dans un restaurant français ou de demander la nationalité, mais bien d’acquérir ces valeurs-là.
La nation civique implique de respecter un mode de vie, le mode de vie à la française.


Vous parlez de mode de vie. Mais c’est quoi le mode de vie à la française ? Est-ce-que cela se résumerait au triptyque : manger, boire et aimer par exemple ?

Dans mon livre je pars de la quotidienneté. Le mode de vie à la française c’est d’abord une façon d’être. Cela signifie que les Français représentent une nation très marquée. J’espère d’ailleurs que les Français reviendront sur cette quotidienneté.
Prenons le petit déjeuner. Je montre dans le livre comment le petit déjeuner de chez nous ne ressemble à aucun autre. Prenez les croissants, les aliments sucrés par exemple, dès le départ c’est une ode à la vie. On ne pense pas au nombre de calories et de vitamines à ingurgiter. Tout le monde nous le reproche mais le Français s’en moque. Et il a raison ! Le sucre c’est bon pour le cerveau et ce n’est pas pour rien s’il vit plus longtemps que tous les peuples du monde !


D’autres exemples de cette quotidienneté dont vous parlez ?

La façon de se tenir à table, avec le pliage des nappes, le positionnement des couverts, le culte du pain et du vin, l’art de recevoir etc… Tout cela a un sens profond. Et ce qui m’intéressait c’était de décrire ce sens, les racines de cette vie à la française.
Et tout a une explication. Le couteau tourné vers l’assiette, c’est un signe de paix. Tout comme la fourchette bombée. Derrière le geste le plus simple se cache une spiritualité profonde. Je n’ai pas voulu faire un livre pour expliquer bêtement le mode de vie à la française. J’ai voulu faire ce livre pour dire aux Français : « ce que vous faites, cela est très bien et préservez-le ».


Que pensent les autres pays de ce mode de vie ?

Il est copié partout dans le monde. Ce n’est pas pour rien si aux Etats-Unis, au Japon, les modes des cafés, des croissanteries, des boulangeries, se développent. Je veux faire comprendre au lecteur qu’il doit préserver ce mode de vie, parce que le monde entier l’envie !


Qu’en est-il du « style » de vie ?

On vient de voir l’art de la table. Mais c’est aussi celui de la mode. Les T-shirt, jeans et autres tennis, le Français ne les a pas découverts avec les premiers touristes américains ! C’est lui qui les a inventés.
Les vêtements, le parfum, ce n’est pas pour rien qu’on les a créés puisque c’est aussi une ode à la femme. C’est très important puisque nous sommes le pays qui, dès le Moyen Age, a inventé l’amour courtois pour occuper les seigneurs en temps de paix. Et les troubadours chantaient déjà des odes à l’amour, à la beauté et à la dignité de la femme.
Ça a donné plus tard la galanterie, encore une chose que tout le monde nous envie.


Ce style, cette quotidienneté, ces valeurs… Tout cela n’est-il pas dépassé aujourd’hui ?

La France doute mais ce n’est pas une fatalité. La raison majeure est que les élites ont oublié de rappeler, de se référer à cette identité française. Elles ont oublié le grand enseignement de de Gaulle.
Quand il est parti à Londres, le relativisme gangrénait les esprits en France, et on a vu ce que ça a donné… Et avant de sauver la France en tant qu’Etat, il a sauvé l’esprit de la France. C’est indissociable.
Aujourd’hui les élites commettent cette erreur du laxisme et du relativisme. Ils ont perdu pied sur le sol éthique et ne parlent plus que d’économie, de politique etc… Et quand on dit comme je l’ai entendu que tout se vaut, et bien on est dans le relativisme.


Vous avez justement écrit ce fameux discours de notre ministre de l’Intérieur sur l’inégale valeur des civilisations. Est-ce-que vous vous attendiez à une telle volée de bois vert ?

Non car ce que le ministre a dit répond a une position qui va dans la droite ligne de l’art de vivre à la française. J’ai été très étonné de voir qu’un député socialiste ait pu intervenir avec l’accord du PS pour dénoncer une forme de nazisme. Le relativisme a tellement gangréné les esprits jusqu’aux élus qui devraient plutôt rappeler les fondements de la France.
Cela ne me choque pas de dire qu’une société qui autorise le sacrifice humain, comme on le faisait dans les arènes romaines ou chez les mayas, soit jugée inférieure par rapport à une autre, sur la base de l’éthique.


Vous parlez d’éthique française. Est-ce-une forme de conservatisme ?

Oui mais c’est tout le paradoxe. Etre conservateur aujourd’hui en France, c’est regarder vers l’avenir. Les valeurs d’amour, d’humanité, de fraternité, de justice sociale sont les valeurs qui construiront demain. Si on oublie ces valeurs, on perd pied et le pays sombre.
Regardez le modèle américain. C’est un modèle consumériste, productiviste. Mais c’est un modèle qui oublie de mettre l’humain au cœur. Et ce modèle aujourd’hui est en crise.


La solution à la crise serait selon vous le « french way of life » ?

Oui c’est ce que je pense. Le modèle japonais a échoué, tout comme le modèle américain. Le modèle qui consiste à dire que l’on met l’humain au centre des débats, c’est le modèle français. C’est un modèle de vraie générosité, chez soi et dans le monde. Les French Doctors, les interventions humanitaires, c’est français. Et on arrive à un point que je tiens pour essentiel : la France n’est pas seulement le pays des droits de l’homme, mais celui des devoirs envers l’homme, du respect de l’homme. Mais ce respect va dans les deux sens...  

jeudi 1 mars 2012

La déontologie à deux niveaux



Nathalie Saint-Cricq, rédactrice en chef du magazine "Des paroles et des actes"

Alors que la campagne électorale bat son plein, il est intéressant de se poser la question de la neutralité des médias du service public.

Cette réflexion, de plus en plus de gens en France se la posent, et bien plus après la calamiteuse émission de France 2 « Des paroles et des actes » de la semaine passée où l'invitée principale était Marine Le Pen.

A cette occasion, on a pu être choqué de voir Nathalie Saint-Cricq s'en prendre avec une violence à peine contenue à la présidente du FN ou bien monsieur Pujadas y aller de ses réflexions mouillées d'acide dans le prolongement des propos tenus par cette même responsable politique. Très clairement et c'est choquant, à l'occasion de ce débat, nous avons pu remarquer que ces deux journalistes ne glisseront pas dans l'urne un bulletin pour ce parti au mois d'avril.

Peu importe que l'on soit sympathisant du FN ou non. Cette réflexion, nous pouvons aussi l'exprimer à propos de n'importe quel parti politique.

La seule question à se poser est bien celle de savoir si un média financé par l'argent public, c'est à dire par l'argent de tous les contribuables français (rappelez-vous la petite case que l'on coche ou non sur la déclaration des revenus …) peut servir à promouvoir ou a contrario détruire les idées politiques des candidats.
Une telle question ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir de débats lors de ces émissions, mais il me paraît essentiel que le journaliste du service public doit être neutre dans ses réflexions à l'antenne. Faut-il alors mettre en place un certain devoir de réserve comme on le trouve dans certains services de l’État, ou une charte déontologique ?

Il pourra m'être objecté que dans l'ancien temps, celui des années de Gaulle ou Mitterrand, les médias officiels étaient relativement muselés, la pensée du Prince en place étant distillée au bon vouloir du Château, et donc qu'aujourd'hui il est bon pour les journalistes des médias publics de prendre enfin une revanche sur les despotes en charge des affaires nationales.

C'est quand même oublier un peu rapidement qu'en ces temps là, les médias audio ou télévisuels sous financement entièrement privés n'existaient pas. Souvenons-nous des chasses aux sorcières qui succédaient aux élections présidentielles.

Le monde a changé.

La télévision privée s'est développée avec une rare énergie aux côtés de la télévision publique. Et les mêmes actions produisant les mêmes effets, nous assistons aujourd'hui à un réel cloisonnement idéologique des médias privés, en particulier audiovisuels. Citons Tf1 pour un bord, Canal pour un autre.

En réalité, ceci n'est pas choquant puisque les fonds les alimentant ne proviennent pas des caisses de l’État, et que le contribuable n'est pas l'actionnaire du conseil d'administration de ces sociétés.

Dès lors, plus que jamais, face à ce Yalta des médias privés, tout milite pour que les médias audio ou télévisuels publics expriment une relative neutralité dans le débat politique des élections à venir et qu'ils n'accompagnent pas en particulier l'actuelle violence des propos tenus par certains candidats.

On ne peut alors que souhaiter que le contribuable en aura alors pour son argent.

jeudi 16 février 2012

« L’humour est enfant de nos haines »



Jacques Prévert, lui,  avait de l'humour.


On aurait souhaité que Jacques Prévert se trompât.
Pourtant l’actualité médiatique, le buzz des clashs entre humoristes et politiques sur Youtube ou Dailymotion lui donne étonnamment raison.
Pourquoi ? Car depuis Stéphane Guillon et sa fameuse chronique sur DSK à l’antenne de France Inter, on assiste de plus en plus à une implication des « humoristes » du PAF en politique.

Parce qu’il semble que le seul moyen de percer pour ces gens, soit de croquer de l’élu au petit-déjeuner. Dernière en date, Sophia Aram, l’humoriste (encore que…) de France Inter, qui après l’altercation qui l’opposa à Nadine Morano sur les ondes, s’est fendue d’une tribune dans « Libération » exigeant la démission de ce ministre. On croit rêver !

Je ne pense pas que Sophia Aram cherchait à être drôle lorsqu’elle traitait ce ministre de la République de « vulgaire ». D’ailleurs Sophia Aram a-t-elle une fois été drôle ? J’en doute.
Nadine Morano y arrive très bien elle, à ses heures perdues, ou au détour d’un tweet. Madame Aram devrait peut être lui demander conseil.

Cet exemple démontre bel et bien que ce sont aujourd’hui ces gens qui portent la parole politique la plus acerbe, qui déclenchent les polémiques, qui rappellent à l’ordre nos dirigeants. Pourtant je ne crois pas qu’un homme politique ait, ne serait-ce qu’une fois, à se justifier devant un trublion du PAF.

Serait-ce alors le signe que le journalisme politique s’appauvrit comme le soulignait le politologue Stéphane Rozès ? Encore une fois je ne le crois pas.
Il suffit de lire les unes respectives du Figaro et de Libération pour comprendre que nos médias sont encore et toujours - peut être plus que jamais - engagés dans le combat politique (mais c’est un autre sujet).

Nos concitoyens devraient dès lors se méfier de ces « artistes »  beaucoup trop insolents, qui se prennent au sérieux en lançant des attaques gratuites et personnelles. Car il est ô combien facile et lâche de donner dans la provoc facile derrière le bouclier de l’humour.

Et ce sont les comiques qui le disent : pour rester crédible, il faut savoir taper sur tout le monde et ne pas trop montrer ses opinions propres. Les amuseurs politiques, on s’en méfie donc et à juste titre.
Attention donc à la glissade de trop Madame Aram ! Rappelez vous l’exemple de votre « pair », Monsieur Guillon !

Les Guillon, Aram, Barthès et Bedos devraient finalement regagner les scènes de leurs théâtres et réaliser que nous aurons toujours besoin d’élus, de journalistes et de citoyens - peut être beaucoup plus sérieux et ennuyeux - mais qui, par intérêt pour la politique, font réellement fonctionner la démocratie.

mardi 7 février 2012

L'indifférence se paie aussi





Le prix de l’essence est encore et toujours à la hausse. De nouveaux sommets sont donc atteints dans une quasi-torpeur générale digne d’un chaud mois d’août en plein soleil sudiste. Quand je parle de la torpeur générale, ce n’est pas celle du pauvre hère qui doit remplir son réservoir pour aller au travail, mais bien celle de nos brillants hommes et femmes politiques, tous bords réunis.

En fait est-ce de la torpeur, de l’atonie ou peut-être tout simplement une cruelle indifférence ? Jusqu’à présent, hormis à droite de pointer un doigt accusateur sur le pétrolier hexagonal et à gauche de ressortir la superbe idée de la TIPP flottante qui n’a jamais très bien marché, rien en vue, rien je vous dis.
C’est à se demander si nos dirigeants ou prétendants dirigeants sortent leur carte bleue à la caisse de la pompe les fins de semaine lorsqu’ils emmènent leur progéniture voir tatie à la campagne. En fait, j’en doute aujourd’hui … il doit y avoir des pompes à essence spéciales pour les hommes politiques ou simplement ceux-ci n’ont pas de tatie campagnarde … Naïveté quand tu nous tiens !

En fait, le piètre économiste que je suis ne comprend jamais. Que le dollar baisse, que l’euro augmente, que l’Iran tousse ou que l’hiver soit froid comme tous les hivers, que les vacances approchent et que la demande augmente, les prix sont sans cesse à la hausse.

Ce qui est  certain aujourd’hui, c’est que le consensus est absolu sur tout l’échiquier politique de ne surtout pas toucher aux taxes exorbitantes sur les produits pétroliers.

Bravo, voilà bien le seul consensus politique des prochaines présidentielles. Quelle aubaine pour l’Etat ! Les revenus sont garantis, et tout cela sous couvert d’un parfait désintéressement. Toucher au portefeuille du consommateur, vous n’y pensez pas dit le Président du pouvoir d’achat !

Ainsi cette question du prix du carburant rejoint plus généralement celle de la baisse inquiétante du pouvoir d’achat des ménages. Il suffit d’aller faire les courses de temps en temps pour en être convaincu. Malheureusement, cela intéresse-t-il encore la classe politique d’aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûr. Mieux vaut éviter les embrouilles et débattre à satiété sur des sujets d’importance comme celui de la civilisation, sous les ors dorés des palais nationaux. C’est beaucoup moins difficile et surtout plus intellectuel pour nos prodigieux énarques dont je serai surpris qu’ils connaissent le prix de la baguette de pain.

Si un seul conseil était à donner à nos beaux prétendants à la course à l’Elysée, ce serait celui de s’intéresser un peu plus aux problèmes de leurs concitoyens et de sortir enfin le nez des brasseries parisiennes où le prix du café n’est pas celui que peut payer l’homme de la rue.

lundi 6 février 2012

Tristes tropismes


Claude Guéant


Affirmant samedi devant un groupe d’étudiants de l’UNI que « toutes civilisations ne se valent pas », Claude Guéant a réveillé une fois de plus l’ire de la gauche. Réflexe pavlovien quand tu nous tiens…


Les valeurs de la République auraient bel et bien du souci à se faire si la gauche remportait la présidentielle de 2012.  Dans un discours portant justement sur ces mêmes valeurs, le ministre de l’Intérieur a eu le malheur, samedi 4 février, de confronter l’humanisme de la République (encore que cela reste à prouver dans certains domaines) à quelques civilisations sous la coupe de régimes totalitaires.

Moyennant quoi, Claude Guéant étant sûrement meilleur ministre qu’ethnologue, on ne retint de ce discours que : « Toutes les civilisations ne se valent pas ». Horreur pour la gauche! Monsieur Guéant, arrêtez de faire le jeu de l’extrême droite !

Mais à l’heure où le monde médiatique s’enflamme, reprenons un peu de hauteur sur cette déclaration et sur les réactions qu’elle a entraînées et laissons le Front National, dont on l’accuse de faire la promotion, se dépêtrer avec ses 500 signatures…

Commençons pour cela par penser à ce que disait Claude Levi-Strauss, l’auteur de « Race et histoire », qui lui-même affirmait la relativité des civilisations. Et il savait de quoi il parlait…

Si chaque journaliste avait le bon sens de remettre cette phrase dans son contexte, il admettrait qu’un régime, une société, qui n’accorde pas les mêmes droits fondamentaux à ses citoyens, n’a pas les mêmes valeurs que la société française. Malheureusement pour Monsieur Guéant, il ne doit pas jouir de la même estime chez une intelligentsia bien-pensante.

Alors oui, louons les valeurs de la France, pays de la liberté et des droits de l’homme, condamnons toutes les formes d’obscurantisme et de tyrannie. Quant au relativisme culturel reproché à ce ministre, un peu d’honnêteté intellectuelle montrerait vite qu’il s’agit pour une fois d’un relativisme culturel logique.